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Le mariage forcé et l'excision, comment est-ce possible ?

Publié le 03/06/2019

En 1999, lors d'un séjour au Burkina Faso, on me présenta les 2 thèmes de la journée : le mariage forcé et l'excision.

En 1999, lors d'un séjour au Burkina Faso, je me suis retrouvé dans un village de brousse dans lequel avait lieu, ce jour-là, un rassemblement diocésain de la pastorale des jeunes. On me présenta les 2 thèmes de la journée : le mariage forcé et l'excision.

Interloqué, je ne cachais pas ma surprise : ces questions ne sont-elles pas réglées ? En cette fin du XXème siècle les réponses ne s'imposent-elles pas? Cela ne va t-il pas de soi ?

L'Eglise au Burkina Faso préparait le centenaire de l'arrivée des premiers missionnaires, l'introduction de l'Evangile sur cette terre d'Afrique de l'Ouest. Et je comprenais que l'excision et le mariage forcé posaient bien encore problème et que, culturellement, cela n'allait pas de soi. L'humanisme chrétien n'avait pas inspiré, traversé, façonné pendant des siècles, les mœurs, les références culturelles, les coutumes, les codes civil et pénal de ces peuples d'Afrique.

Le 13 mai dernier les chefs d'établissement du 2nd degré ont reçu un courrier du ministre, de prévention des « unions forcées et des mutilations sexuelles féminines » pour des jeunes filles scolarisées en France.
Au XXIème siècle il est donc nécessaire que le ministre de l'éducation s'adresse à l'ensemble des chefs d'établissement pour rappeler que ces pratiques sont illégales et contraires aux droits de l'homme.

20 ans après avoir été surpris que ces questions soient encore pertinentes dans cette terre d'Afrique, n'est-il pas surprenant que ces questions se posent désormais en France, après 20 siècles d'imprégnation chrétienne ?
Comment est-ce possible ? Est-ce un effet d'années de promotion ambiguë du multi-culturalisme et d'un échec de la politique d'intégration ? Combien de lâchetés collectives successives ont-elles permis cette dégradation culturelle ?

Qui peut penser que les rappels réglementaires vont résoudre le problème ? L'enjeu n'est pas de diffuser scrupuleusement les consignes ministérielles en rappelant les textes juridiques, mais de mettre debout des petits d'homme qui intègrent ces fondamentaux de l'humanisme chrétien et surtout la dignité de la personne humaine, homme et femme, créée à l'image de Dieu.

Ce service à rendre à nos contemporains est un vrai défi de civilisation pour l'Enseignement catholique « vers 2030 ! »
G. de BAILLIENCOURT, Directeur diocésain


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