A l’heure où de nombreux adolescents décrochent faute de sens ou d’accompagnement, l’Institution Saint-Denis (située à la Croix-Rousse) membre de l’enseignement Catholique de Lyon, innove avec la création de l’Académie Léonard de Vinci ; une classe « cycle » unique en France qui mêle trois niveaux : 5e, 4e et 3e, dans une dynamique collective fondée sur la pédagogie par projet.
Cette initiative portée autant par le chef d’établissement Florence Lodovici que par l’ensemble de l’équipe pédagogique est née du questionnement suivant : « Comment replacer le jeune au cœur de ses apprentissages ? Comment cultiver l’art d’accompagner et de redonner l’envie d’apprendre ? ». Coconstruite avec l’appui de Christophe Menanteau, directeur de l’école LDLC et de Sylvain Connac, spécialiste de la pédagogie coopérative, l’Académie Léonard de Vinci accueille aujourd’hui 27 collégiens pour qui la validation finale de ce cursus passe par l’obtention du brevet des collèges en fin de cycle.

Saint-Denis, un laboratoire d’innovation pédagogique
Inspirée par une approche humaniste, l’Académie Léonard de Vinci place le bien-être émotionnel et la coopération au cœur du processus éducatif. La mixité y est réelle : scolaire, sociale et religieuse ; elle est le fidèle reflet de l’ouverture d’esprit qui anime l’établissement Saint-Denis. Cette démarche s’inscrit dans la mission éducative portée par l’Enseignement Catholique de Lyon, dont Saint-Denis est un acteur engagé.
Ici, les élèves apprennent à identifier leurs émotions, à gérer les conflits sans violence, à prendre la parole, à s’écouter… Ce climat de confiance et de responsabilité favorise des transformations profondes : des jeunes en difficulté qui retrouvent le goût d’apprendre, des collégiens timides qui osent s’exprimer ou encore des élèves APIE (Atypiques, Personnes dans l’Intelligence et les Émotions), trouvent enfin un espace adapté à leur mode de fonctionnement. Enfin, « un élève de cinquième peut valider des compétences de troisième et inversement. Ce qui compte, c’est la progression et la joie d’apprendre ensemble » souligne Florence Lodovici.
Le point de vue d’Amandine, mère d’Arthur qui est entré à l’Académie cette année :
« Après en avoir discuté avec Olivier (mon mari), nous trouvons qu’Arthur a gagné en autonomie dans son travail, de confiance en lui et de maturité en peu de temps.
Grâce à l’Académie Léonard de Vinci, Arthur côtoie des élèves qu’il n’aurait jamais eu l’occasion d’aborder dans un dispositif classique. Le mélange des trois niveaux du cycle 4 est très enrichissant pour les apprentissages mais aussi permet de créer un microcosme profitable pour les enfants.
Arthur est un adolescent qui a toujours aimé aller à l’école. L’Académie lui donne la possibilité d’apprendre différemment et de se donner des objectifs de travail de façon très concrète. Il est encore plus acteur dans son positionnement d’élève même s’il est, de nature, discret.
L’Académie est l’application évidente des méthodes de pédagogie active. »
L’art de veiller sur les élèves… en leur apprenant l’autonomie
Pour les 27 élèves de cette Académie unique en France, on ne parle plus ici de classe d’âges figées ni de cours magistraux. Les élèves travaillent en groupes multi-niveaux autour de projets concrets, ancrés dans le réel. Sur une thématique donnée, comme par exemple, l’eau … ils vont concevoir eux-mêmes des actions telles que : organiser une visite technique, écrire à une institution pour en obtenir l’autorisation, fabriquer un moulin à eau, etc. L’originalité ici c’est que tous les savoirs fondamentaux (français, mathématiques, sciences…) sont naturellement convoqués et acquis par les besoins du projet, sans oublier les langues vivantes puisque présenter le projet dans une autre langue fera également partie de l’acquisition des élèves et que c’est aussi un élément différenciant de Saint-Denis.
« On passe du face à face au côte-à-côte pédagogique » explique le chef d’établissement. En effet dans cette classe « cycle », le rôle des professeurs a radicalement changé ; les enseignants sont à la fois des guides, des observateurs et aussi des ressources pour les collégiens. Ils sont capables d’ajuster les apprentissages grâce à des plans de travail individualisés, conçus à partir des besoins observés en situation réelle.
Stanislas et Jean-Baptiste, entrés à l’Académie dès le début :
« Ce que nous préférons dans l’Académie c’est la possibilité de coopérer à plusieurs, c’est la raison pour laquelle, nous témoignons à deux. Notre projet préféré est le Conseil Coopératif, durant lequel un élève à tour de rôle est le pilote pour donner la parole à chacun. Les enseignants présents participent au même titre que les élèves ».
Une équipe pédagogique pionnière et engagée
Longuement mûri et portée par l’ensemble des professeurs de Saint-Denis, l’Académie Léonard de Vinci s’est construite avec le soutien de Sylvain Connac, spécialiste de la pédagogie coopérative et de Christophe Menanteau, directeur de l’école LDLC et partenaire inspirant sur son modèle de pédagogie par projet pour les étudiants post bac. Tous deux ont accompagné l’équipe depuis la conception du projet jusqu’à la création d’outils inédits, comme par exemple, des grilles de compétences dédiées ou encore les plans de travail individualisés. « Il a fallu tout réinventer et repenser, mais la dynamique d’équipe a été extraordinaire et les enseignants ont réellement osé changer de postures » souligne Florence Lodovici.
Marc, professeur principal de l’Académie Léonard de Vinci.
« Proposer une pédagogie du projet et coopérative permet d’avoir un relationnel différent avec les élèves. Nous sommes obligés d’instaurer un climat de confiance réciproque entre élèves et enseignants, qui permet à chacun de se sentir en sécurité dans ses apprentissages, ses propositions, ses loupés et ses réussites. Les élèves se confient plus facilement, de manière plus spontanée.
Mon travail se dirige vers la lisibilité d’un fil rouge conducteur, que l’élève doit percevoir au mieux pour pouvoir le suivre et progresser ainsi jusqu’au maximum de ses possibilités. Je dois faire en sorte d’accompagner, de guider, ce qui demande une évolution de la préparation ».
Aujourd’hui, le chef d’établissement de l’Institution Saint-Denis prépare un dossier de reconnaissance CARDI (Cellule académique Recherche Développement Innovation) pour pérenniser le dispositif et permettre, à terme, de faire de ce projet novateur un modèle duplicable pour les établissements scolaires qui souhaitent accueillir la mixité scolaire autrement. Cette initiative trouve naturellement sa place dans l’ambition de l’Enseignement Catholique de Lyon d’accompagner et de valoriser les projets éducatifs innovants.
Et si Florence Lodovici n’avait qu’un seul vœu pieu, ce serait bien celui que son modèle soit copié pour inspirer d’autres collèges et faire en sorte que « les collégiens viennent à l’école avec l’envie d’y aller ».
Le mot de la fin… par Philippe Paré, directeur diocésain de l’Enseignement Catholique du diocèse de Lyon
Au-delà de l’enseignement, l’Institution Saint-Denis offre aux jeunes un véritable tremplin pour leur développement ; elle incarne un laboratoire d’excellence pour l’Enseignement catholique du diocèse de Lyon : accessible à tous et innovant pour chacun.
